Nouzilly, entre bois, ruisseaux et belles demeures

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Histoire


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Les temps protohistoriques

Une charte du XIII siècle mentionne des Fossés anciens, les Vetera Fosssata de Nouzilly ; selon toute vraisemblance, elle se réfère à ce qui est connu aujourd’hui sous le nom de Fossés de César, un ensemble bien antérieur à César et qui semble unique en Touraine par son étendue.

Lorsque l’on consulte le plan cadastral, on les voit s’étendre en ligne droite sur des kilomètres ; il y a d’abord ceux qui se dirigent du sud-ouest au nord-ouest de Chamboureau aux Bas-Fossés (un nom caractéristique), en passant par la Guinauderie et la chaussée de l’actuel étang de Charentais (de création récente), mais ils devaient aller plus loin, car ils se prolongent par un chemin rectiligne, presque jusqu’à la Petite Choisille au gué de Longueville. Puis il y a un autre fossé à l’équerre en direction nord-ouest-sud-est qui commence au Carroi de la Croix Blanche et descend en direction du Carroi de la Daumerie.

Le premier tronçon fait 2 kilomètres et un peu plus, le second un peu moins d’un kilomètre. A Cré-sur-le-Loir près de la flèche, il y a ainsi des fossés qui s’étendent sur 3 kilomètres.

il y a donc eu un vaste camp à Nouzilly, qui est peut-être à mettre en relation avec l’extraction du fer, pratiquée très tôt sur le territoire de l’actuelle commune. Par exemple dans le bois de le Tuilerie, où M. Coudrec a retrouvé des zones d’extraction en tranchées et en fosses, et dans les bois de Charentais.

Mais il y a des vestiges plus anciens encore, car ces ferrières ne peuvent remonter au-delà des quelques siècles avant la période historique ; tandis que les Fossés de César que l’on peut voir à Gué-Chapelle sont les fossés d’un éperon barré : un camp préhistorique en triangle d’étendu limitée, là ou se trouve aujourd’hui le château, et comme ces fossés sont doubles, il faut admettre que l’éperon est deux fois barré, par précaution.

Outre cela, l’on trouve un petit menhir, une pierre levée de dimensions modestes entre le Tuffeau et le Hallier, près de la Crois-Saint-André, à un kilomètre et demi à l’est du bourg. On a retrouvé également à Nouzilly un polisseur mobile.

Dans un article sur les Enceintes en terre de Touraine, paru dans le bulletin de la Société archéologique de Touraine en 1984 (tomme 40, p.745-752), Jean-Mary Couderc a présenté les diverses enceintes qu’il a repérées sur le territoire de la commune : Les enceintes de Nouzilly. Il a relevé cinq enceintes d’époques différentes :

L’enceinte de la Petite Boissière, maintenant détruite, à la frontière des finages de Crotelles, de Saint-Laurent-en-Gâtines et Nouzilly : deux fossés perpendiculaires sans talus. Il pensait à une enceinte gauloise, dans une zone de métallurgie. A dire vrai, le Fourneau de Saint-Laurent qui en a gardé le souvenir toponymique semble trop éloigné pour établir une relation (presque deux kilomètres). Ce pourrait être une simple exploitation agricole de l’époque gauloise.

L’enceinte circulaire du Plessis-l’Ormeau : ce serait un fossé de protection médiéval. Il a 75 mètres de diamètre ; la profondeur est d’un mètre cinquante ; il est rempli d’eau presque toute l’année ; l’entrée devait se faire par le nord-ouest, le fossé y est moins profond et il n’y a pas de traces de talus interne.

L’enceinte du bois de Charentais, à deux kilomètres du bourg est certainement liée à la métallurgie, car il y a quelques restes de fourneaux bien conservés qui datent de l’âge de fer, et des amas de scories ; il resterait à l’étudier de plus près.

L’enceinte de Gué-Chapelle que j’ai considérée comme un camp romain, mais qui semble à d’autres plus compétents que moi (J.-G. Sainrat et J.-M. Couderc) un éperon barré. J.-M. Couderc le décrit longuement et note que cette structure est assez rare en Touraine.

Les Fossés de César : ici encore J.-M. Couderc a de longs développements d’un grand intérêt auxquels il faut se contenter de renvoyer. Il retient l’hypothèse d’une enceinte gauloise tardive, servant de défense aux métallurgistes gaulois ou gallo-romains, le mirerai étant abondant près de la ferme de Gué-Chapelle ; mais il reconnait que l’ampleur pose un problème à l’archéologue, car enceinte dit défense éventuelle, et une telle surface requerrait un nombre considérable d’hommes.

En 1846 a paru une brochure de 31 pages de R. Martinet, intitulée : Le quartier des Romains chez les Turons, qui traite du camp de Nouzilly, mis en relation avec les quartiers d’hiver des troupes de César en 57 avant Jésus-Christ, puis en 52 ; l’on sait en effet qu’en 52, en particulier, César envoya deux tribus hiverner chez les Turons sur la frontière des Carnutes : pour l’auteur les fossés de Nouzilly étaient les restes de l’un des vastes camps établis pour la saison. L’hypothèse n’était pas sans intérêt.

Mais Martinet est à retenir surtout pour les traditions qu’il rapporte ; comme il les dit très anciennes, elles remontent au moins à la fin du XVIII siècle :

Une tradition très ancienne, dit-il, semble avoir conservé au bourg de Nouzilly les souvenirs de la splendeur de ce camp qui lui a donné naissance ; cette tradition dit que le bourg de Nouzilly était autrefois une grande ville connue sous le nom de Cité. Il parait que ce village s’était formé près du cimetière des Romains, car on ne peut fouiller la terre au sud du bourg sans trouver des ossements humains.

Il parle aussi des quatre fontaines dont, dit-il, "une tradition populaire a chanté les merveilles... Cette tradition n’a rien d’étonnant, si l’on se rappelle que le culte des aux était commun aux Gaulois et aux Romains"

"On voyait encore il y a cinquante ans, ajoute t-il, et l’on voit peut-être encore, dans la forêt de Nouzilly et à peu près vers le milieu du camp, quelques vestiges d’un vieux chêne connu sous le nom de Chêne-du-Houx, qui paraissait avoir plusieurs siècles d’existence."

Si ce que dit Martinet est exact, le chêne se serait trouvé plutôt du côté des restes du manoir de Maran qui est en effet situé non loin du centre du camp, mais non dans ce qu’on appelle proprement la forêt de Nouzilly qui est située en dehors, au nord-ouest.

il y a peu de communes en Touraine à présenter un tel ensemble d’ouvrages de terre d’une époque si reculée. il serait urgent de les protéger ou, au moins d’en garder le souvenir par une documentation très poussée.

Qui dit fossé de défense, dit nécessairement défrichements. Il faut admettre qu’une clairière a été créée à une époque très haute eu centre du finage et à l’intérieur de tout le parallélogramme dessiné par les fossés, ainsi que devant ceux-ci. Sans quoi l’existence même des fossés ne se justifierait pas. Nouzilly est donc de plus de dix siècles antérieurs à l’apparition du nom dans les documents écrits.

Il est d’autant plus étrange que l’on n’ait pas encore découvert sur le territoire de la commune des vestiges significatifs de l’époque gallo-romaine. En dehors des scories déjà signalées près des forges et dont la datation est particulièrement imprécise, l’on n’a encore rien trouvé. Des traces d’établissement gallo-romains ont été repérés à Parcay-Meslay, à Notre Dame d’Oë, ainsi qu’à Saint-Laurent-en-Gâtines ; mais rien encore à Nouzilly.

Les premières mises en valeur de l’ancienne clairière et de ses environs ne sont signalées dans les documents écrits qu’au X siècle ; elles sont peut-être bien antérieures, mais nous n’avons pas, pour le moment, le moyen de le savoir.

Parmi les domaines alors signalés se trouvent la ville de Nouzilly avec son église, le domaine de Kersio qui se situe du côté de Baudry, mais comprend peut-être aussi Cérelles qui semble dériver de la même racine, et le Moulinet, au voisinage du finage de Rouziers, dont il semble que la Roche-d’Ambille, autrefois la Roche-aux-Nonnains, ait été distrait au bénéfice de la nouvelle abbaye des moniales de Beaumont-les-Tours, fondée au début du XI siècle par le trésorier Hervé.

Particulièrement intéressant à cause de son nom est le domaine de Néret, qui se trouve en dehors de la commune au sud de celle-ci et proche de Baudry. Le nom vient d’une divinité gauloise des eaux ; on le retrouve dans Néris. Peut-être est-ce un domaine très ancien, le plus ancien des tous ceux que l’on découvre dans cette partie de la gâtine. Il est assez remarquable aussi que l’emplacement de l’ancienne clairière délimitée par les anciens Fossés de César semble occupée par des alleux d’origine laïque, issu des établissements ecclésiastiques. Nouzilly avec son église est qualifiée d’alleu lorsqu’il est donné à l’abbaye Saint-Julien de tours au Xe siècle.

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